Courrier Français, 10 février 2022 - L'association veut préserver la biodiversité des forêts du Périgord par la relocalisation de leur exploitation et en s'élevant contre la monoculture de résineux.

La mobilisation est importante aux quatre coins du département.

«L'association SOS Forêt Dordogne est un collectif œuvrant pour la sauvegarde des forêts traditionnelles et des milieux naturels en Périgord. Elle est née de la rencontre de citoyens opposés aux pratiques de la sylviculture industrielle, soucieux de la préservation des paysages de forêt traditionnelle en Dordogne et désireux de promouvoir et participer à une gestion forestière respectueuse du vivant, de la biodiversité comme des conditions de travail des forestiers. Nous appelons de nos vœux la relocalisation de la filière bois au plus près des besoins locaux et nous nous opposons aux exportations de bois et à la mécanisation intensive de la sylviculture dite moderne».

L'histoire remonte à mai 2021, lors d'une première rencontre informelle à Saint-Germain-du-Salembre alors qu'ici et là en Dordogne beaucoup de gens commencent à s'inquiéter face à la multiplication des coupes dites « rases »(1) dans les massifs forestiers avec des parcelles entières replantées en pin. Ce constat a motivé la création d'une association - SOS Forêt Dordogne - dont les statuts ont été déposés en juillet. Seulement quelques mois après, l'association compte environ 150 sympathisants et 80 adhérents.

Le 15 janvier à Douchapt, l'association révèle une structure à la gestion collégiale, assurée par dix co-présidents  avec la mise en place de quatre sections opérationnelles, à savoir : information, sensibilisation, communication et réglementation ; espaces et zones protégées ; recensement des points noirs avec cartographie des coupes rases et des enrésinements; groupements forestiers citoyens, AMAP bois, etc.

coupe raseDes coupes « à blanc », ici au bord de l'A89.

coupe rase2

« Notre objectif n'est pas de mettre la forêt périgourdine sous cloche, explique Jean-Claude Nouard. technicien forestier des Eaux et Forêts durant 40 ans et aujourd'hui à la retraite ; c'est pour le moins un spécialiste du sujet. Nous ne renions pas les aspects économiques de la forêt, mais nous tenons à ce que les aspects sociétaux, sociaux et environnementaux ne disparaissent pas avec les paysages qu'elle compose. Nous ne sommes pas des "intégristes" mais il faut prendre conscience de la généralisation de la "malforestation" initiée par les grands groupes forestiers».

Malforestation» ••• ? Schématiquement, ces groupes achètent des parcelles de 4 hectares (surfaces limites pour exploiter sans autorisation) non adjacentes pour échapper à la réglementation (voir ci-dessous) mais qui finissent par se rejoindre.

UNE GESTION À RISQUES

« C 'est un service« clés en main » pour les propriétaires: tous les arbres de la parcelle sont coupés à la tête-abatteuse le bois est débardé, entassé (sans trop trier) et emmené ; les sols sont débarrassés des souches, travaillés et replantés par des rangs de résineux exclusivement.

À l'échelle temps d'une forêt, qui dégage son rapport maximum en un siècle, la plus-value économique des résineux est nulle sauf que... on peut couper tous les 30 ans, et temporiser sur un tiers du rapport plus rapidement.

« D'un autre côté, le peuplement en résineux acidifie et assèche des sols qui n'en ont pas besoin et, surtout, accroît considérablement le risque incendie alors que la Dordogne   façon raisonnée et en préservant la diversité des essences, l'association SOS Forêt Dordogne veut « sensibiliser citoyens et élus sur l'intérêt de mieux gérer la forêt, de protéger celle-ci de pratiques il/égales ou nuisibles, d'influer sur les réglementations locales ou nationales, d 'informer sur les alternatives vertueuses ou d'initier des groupements d'achats de forêts. » À suivre.

Titia CARRIZEY-JASICK

jean claude nouardJean-Claude Nouard plaide pour une gestion raisonnée de la forêt.

 

 

signature jc nouard


 

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